Année de production 2025 – Durée 2 h 3 min – Pays: ITALIE, FRANCE – Venezia 82 Concorso

avec: Valeria Bruni Tedeschi, Fanni Wrochna, Noémie Merlant, Fausto Russo Alesi, Edoardo Sorgente, Vincenzo Nemolato, con la partecipazione di Noémie Lvovsky.

(édité par Roberto Tirapelle)

Synopsis: A la fin de la première guerre mondiale, alors que l’Italie enterre son soldat inconnu, la grande Eleonora Duse arrive au terme d’une carrière légendaire. Mais malgré son âge et une santé fragile, celle que beaucoup considèrent comme la plus grande actrice de son époque, décide de remonter sur scène.  Les récriminations de sa fille, la relation complexe avec le grand poète D’Annunzio, la montée du fascisme et l’arrivée au pouvoir de Mussolini, rien n’arrêtera Duse « la divine ».

Pietro Marcello revient avec une œuvre majeure : sa mise en scène des dernières années d’Éléonore Duse, un portrait somptueux de la Divine Comédie, entre scène et vie privée. Valeria Bruni Tedeschi y livre une prestation exceptionnelle.

Le réalisateur et scénariste Pietro Marcello revient au long métrage après une carrière consacrée aux courts métrages et aux documentaires, qui lui a valu de nombreuses récompenses. Avec DUSE, il signe son quatrième long métrage, après avoir déjà rencontré un succès considérable avec ses trois premiers films. Il a notamment été salué par la critique lors du Festival de Venise pour son travail sur Martin Eden, avec Luca Marinelli, qui a remporté la Coupe Volpi du meilleur acteur.

Avec Duse, le réalisateur a choisi de se concentrer sur les dernières années de la vie de la Divine, une période marquée par de profonds bouleversements historiques. Marcello ne souhaitait pas réaliser un biopic, mais plutôt aborder des thèmes qui lui sont chers : le rôle de l’artiste face aux tragédies de l’histoire, face à la maladie, sa relation avec D’Annunzio et avec Mussolini. En somme, il voulait documenter le dilemme entre l’art et le pouvoir, l’art et l’argent.

Éléonore était une femme condamnée à ne trouver la grandeur que sur les planches. En réalité, elle se heurta à ses propres limites, ainsi qu’à celles de la société de son époque. Un artiste est toujours un produit de son temps, mais en ce sens, Éléonore Duse était résolument en avance sur son temps.

Le film s’ouvre sur le générique, un panoramique sur un champ de bataille animé par des soldats de bois de la Première Guerre mondiale, dans un brouillard épais et des nuages ​​de poudre. Immédiatement après, Duse, accompagnée de son assistante, rend visite aux soldats italiens au front. Le réalisateur souhaite ainsi illustrer clairement la crise que traverse la grande actrice et la tragédie qui ravage le pays.

Parallèlement, Duse tente de monter «La Dame de la mer », la pièce d’Ibsen qu’elle affectionne, avec une troupe de jeunes acteurs auxquels elle prodigue ce conseil : « L’art, comme la guerre, exige du sang, de la sueur, de la boue, du courage et de la discipline. »


Par la suite, Duse parvint à faire composer un opéra moderne par son jeune auteur en herbe, Giacomo Rossetti Dubois. Cette œuvre « expérimentale », financée par un producteur de cinéma fragile, fut un échec. La divine Sarah Bernhardt était également présente à la première et unique représentation. Duse souhaitait tenter un dernier coup d’éclat théâtral en mettant en scène «La Ville morte » de D’Annunzio, mais fut contrainte d’y renoncer définitivement pour raisons de santé.

Malgré l’avis de son médecin, elle décida néanmoins d’entreprendre une tournée à l’étranger, d’abord à Londres, puis aux États-Unis et à Cuba, dans une ultime tentative d’affirmer son indépendance artistique et financière. Eleonora Duse mourut le 21 avril 1924 à Pittsburgh, au cours de cette dernière tournée.

Porter Eleonora Duse à l’écran n’était certainement pas une mince affaire, compte tenu du peu d’informations historiques disponibles. Marcello affirme d’ailleurs que ses scénaristes, Letizia Russo et Guido Silei, ont réalisé un travail exceptionnel. Le réalisateur explique : « Nous avons étudié en profondeur sa biographie et le contexte historique de ces années-là. Il n’existe aucune preuve directe de l’œuvre d’Eleonora Duse. Edison a réalisé un enregistrement d’elle, mais celui-ci a depuis disparu. Il y a aussi le film Cenere, tourné alors qu’elle était déjà âgée, mais ce fut un échec, et dans ce film, elle semble chercher à se faire la plus discrète possible.»

Le film utilise également des images d’archives pour recréer le contexte historique. Par exemple, le voyage du Soldat inconnu en train d’Aquilée à Rome est omniprésent.

Duse adorait la Vénétie, et de nombreuses scènes ont d’ailleurs été tournées à Venise. Le réalisateur s’est concentré sur les quartiers vénitiens, entre les Fondamenta Nuove et le cimetière San Michele. Le réalisateur explique qu’il a vécu à Venise et qu’il la connaît bien. « Mais il faut savoir comment la filmer ; c’est un exercice difficile. »

Acteurs

Valeria Bruni Tedeschi dans le rôle d’Eleonora Duse. Actrice, scénariste et réalisatrice franco-italienne, Valeria Bruni Tedeschi, active depuis le début des années 1980, est aujourd’hui considérée comme l’une des actrices les plus intéressantes de sa génération en Italie et en France. Son travail de ces cinq dernières années a été remarquable, tant comme actrice (La Fracture, Enquête sur un scandale d’État, L’Attachement) que comme réalisatrice (Les Amandiers). Dans le rôle d’Eleonora Duse, elle aurait sans aucun doute mérité une récompense à Venise (à l’exception du prix Pasinetti). Quoi qu’il en soit, ce film est l’une de ses plus belles réussites, tant par sa participation que par son jeu d’actrice, d’une maturité qui l’empêche de tomber dans l’excès, et par sa passion pour le théâtre qui a même ébloui D’Annunzio et les institutions fascistes. Marcello s’enthousiasme : “J’étais aux anges d’avoir Valeria Bruni Tedeschi à mes côtés. Travailler avec elle est extraordinaire. N’oublions pas qu’elle est aussi réalisatrice, et c’était particulièrement important pour moi. Eleonora Duse est un film choral; j’avais beaucoup à gérer. Pouvoir compter sur son soutien en tant qu’actrice, qui avait également cette vision de la mise en scène… “ “Le lien s’est créé à travers la caméra. Elle voulait que je sois toujours derrière la caméra, et cela a créé une sorte d’intimité. “

Fanni Wrochna incarne Désirée, l’assistante de Duse. Actrice hongroise, Wrochna est surtout connue pour ses rôles dans L’Espion qui valait un milliard de dollars, Le Chien des Baskerville (2024) et Jack Ryan (2018), ainsi que dans une trentaine d’autres films et séries. La complicité à l’écran entre elle et Bruni Tedeschi est remarquable. Une interprétation nuancée, tantôt froide, tantôt déterminée, tantôt tendre. Une silhouette et un physique qui, à l’instar de Duse, oscillent avec aisance entre sphère privée et sphère publique.

Noémie Merlant incarne Enrichetta Marchetti, la fille de Duse. On sait que Noémie Merlant fut l’une des actrices, metteuses en scène et chanteuses françaises les plus en vue des années 2000. Le rôle de la fille est quelque peu délicat, car elle entretient une relation difficile avec sa mère, qui souffre d’une vie entière de séparation par pur dévouement à l’art. Une prestation professionnelle, d’une diction sophistiquée, digne des plus belles années.

Fausto Russo Alesi interprète Gabriele D’Annunzio. Un rôle très exigeant, mais nous avons affaire à une actrice de premier plan des années 2000, forte d’une brillante carrière théâtrale. À l’instar de D’Annunzio, elle se montre très théâtrale et, dans sa scène finale, peu conventionnelle, mais elle parvient à transmettre toute la puissance du poète.

Edoardo Sorgente, alias Giacomo Rossetti Dubois, est un scénariste émergent. Moins connu que d’autres, il s’est déjà fait un nom grâce à des films comme Martin Eden (2019), 5 Is the Perfect Number (2019) et Gomorra : La Série (2014). Son approche et son conflit avec le divin sont brillants.

La distribution comprend également des acteurs de la Compagnie de Duse, tels que Vincenzo Nemolato (Memo Benassi), Gaja Masciale (Cecilia Rinaldi), Vincenza Modica (Matilde Serao) et Mimmo Borrelli (Ermete Zacconi). Tous, par leurs interprétations magistrales, forment un ensemble remarquable. Enfin, la cerise sur le gâteau : Vincenzo Pirrotta dans le rôle de Benito Mussolini et Noémie Lvovsky dans celui de Sarah Bernhardt. Comment oublier Giordano Bruno Guerri, l’historien et essayiste italien, qui campe avec charme et son élégance coutumière le rôle du valet de D’Annunzio.

(cr ph website Ursula Patzak)

Création de costumes

Ursula Patzak est la créatrice des costumes d’un film dont l’habillage n’est certainement pas chose aisée. Mais Ursula, d’origine allemande et ayant fait des études italiennes, a déjà eu l’occasion d’explorer différents genres au cours de sa carrière. Le raffinement, les drapés et les broderies sont les aspects les plus marquants des costumes du film, non pas tant pour l’héroïne, toujours vêtue avec nonchalance, mais surtout pour l’ensemble des acteurs, impeccablement habillés.


Musique

Pour la bande originale, le réalisateur a opté pour un mélange de compositions originales et de morceaux connus. On y retrouve notamment l’influence musicale de Malipiero, natif de Venise et compositeur très théâtral, notamment pour ces acteurs, ainsi que celle du Rondò Veneziano, que le réalisateur affectionne depuis son enfance.

Photographie

Marco Graziaplena, fort de plus de 40 œuvres à son actif, dont Mission : Impossible III et Colombiana, retranscrit avec brio le théâtre, les personnages et leurs décors. Absolument captivante, sa photographie évoque peut-être un peu le Don Giovanni de Losey ou le Senso de Visconti. Voire, plus audacieusement, l’écriture visuelle du Parsifal à Venise de Sinopoli.

Fiche Technique

Directeur de casting Davide ZUROLO
Montage Fabrizio FEDERICO, Cristiano TRAVAGLIOLI
Collaboration au montage Luca CARRERA, Alessio FRANCO
Directeur de la photographie Marco GRAZIAPLENA
Cadreur Michel FRANCO
Musique Marco MESSINA, Sacha RICCI, Fabrizio ELVETICO
Scénographie Gaspare De PASCALI
Directeur artistique Matta LORUSSO
Accessoiriste Carlotta DESMANN
Costume Ursula PATZAK
Maquillage Maurizio FAZZINI
Coiffure Samankta GIORGIA MURA
Ingénieur du son Denny De ANGELIS

Directeur de production Federico GERA
Régie Ciro SCOGNAMIGLIO

Scripte Benedetta LEPRI
Superviseur VFX Arianna CAPRA
Assemblage Frederico CABULA, Alessandro FELETTI
Effets sonores STUDIO 16
Coloriste Nazzareno NERI

Producteurs délégués (PALOMAR) Marco CAMILLI, Margherita CHITI, Luigi PINTO
Productrice déléguée (AVVENTUROSA) Mara SALANDI
Producteur exécutif Francesco BELTRAME
Une production PALOMAR (MEDIAWAN), AVVENTUROSA, avec RAI CINEMA et PIPERFILM
En coproduction avec AD VITAM FILMS
En collaboration avec BERTA FILM
Produit par Carlo DEGLI ESPOSTI, Nicola SERRA, Marco GRIFONI (PALOMAR)
et Benedetta CAPPON (AVVENTUROSA)

(cr ph ADVITAM distribution, Photo ©Erika Kuenka)