Avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane
Marocco, Francia, Spagna, Germania, Belgio – 116’ .
Festivals:
Mostra de Venise – Sélection Officielle – Prix du Public
Festival International de Toronto – Sélection Officielle
Mill Valley Film Festival – Prix du public
Denver Film Festival – Prix du public
Festival international du film de Mar del Plata – Prix du meilleur film, Prix de la meilleure actrice, Prix du public
Représentant du Maroc aux Oscars
(par Roberto Tirapelle)
Synopsis
Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.
Maryam Touzani revient avec un nouveau récit marocain profondément personnel, Rue MÁLAGA. Un film à la fois délicat et déterminé qui explore la liberté et l’énergie des personnes âgées. L’actrice Carmen Maura est la force motrice de ce film.
Maryam Touzani, actrice, scénariste et réalisatrice marocaine, revient sur le devant de la scène avec son troisième long métrage, Rue MÁLAGA, une histoire sur le vieillissement et les fossés générationnels.
Née à Tanger, Maryam Touzani étudie le journalisme à Londres avant de retourner au Maroc pour travailler dans le cinéma nord-africain. Elle ressent immédiatement le besoin de s’exprimer à travers le cinéma. Son parcours, bien que progressif, est intense et couronné de succès. Elle débute par des courts métrages et des documentaires, puis collabore à l’écriture de scénarios pour des films importants tels que « Much Loved » (2015) de Nabil Ayouch, et travaille également comme actrice et scénariste pour le même réalisateur. Elle réalise ensuite son premier long métrage, « Adam », présenté en avant-première au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard et dans d’autres festivals prestigieux. Le film remporte plus de 30 prix. Maryam Touzani devient également membre de l’Académie des arts et des sciences du cinéma. En 2022, elle présente son deuxième film, « Le Bleu du Caftan », à Cannes, où il remporte le Prix de la critique internationale et 60 autres prix dans 30 pays. Il s’agit du plus grand succès commercial pour un film marocain à l’étranger.

Son dernier film, Rue MÁLAGA, est sorti. Il a été présenté en avant-première à la Mostra de Venise, où il a remporté le Prix du public, et au Festival de Toronto. Il est également nommé pour représenter le Maroc aux Oscars.
Rue MÁLAGA est sans aucun doute le film le plus personnel de la réalisatrice, comme elle l’a elle-même confirmé. Son lien avec sa mère a été brutalement rompu. Touzani explique : « Je continuais à dialoguer avec elle dans ma tête, en espagnol, car c’était la langue qui nous unissait au quotidien. D’où le choix de l’espagnol pour le film. J’avais besoin d’entendre cette langue, et le personnage de Maria Angeles, fortement inspiré de ma grand-mère andalouse, Juana, m’est venu naturellement et spontanément, me permettant de plonger dans mes souvenirs et d’accepter ce que je ressentais. » Touzani souhaitait également retrouver les saveurs des plats espagnols que sa mère cuisinait. Sentir ces arômes sur le plateau, entendre à nouveau l’espagnol autour d’elle, a été pour elle une façon de panser ses blessures, de transformer sa douleur. Enfin, elle a tourné à Tanger, sa ville natale.
Le film a été écrit et produit par Nabil Ayouch, le compagnon de la réalisatrice et un collaborateur de longue date. Touzani déclare : « En tant que producteur, il m’a comprise et m’a permis de réaliser le film que je souhaitais ; c’était formidable.» Au final, le film explore les mécanismes de la mémoire de sa mère et de sa grand-mère, révélant une hiérarchie très féminine et peut-être même très espagnole.
Mais le film s’inspire de Tanger, ville de liberté et de créativité, où de nombreux artistes se sont mêlés à la population locale. La ville est très proche de l’Espagne (14 km), et les Tangerais, surtout les plus âgés, parlent tous espagnol.
Inutile de vous raconter l’histoire, le synopsis suffit. Mieux vaut se concentrer sur Maria Ángeles, qui traverse le même parcours que les personnes âgées : attentes, obstacles, et la liberté de continuer à vibrer, à éveiller la sensualité.
Tout cela est raconté avec une finesse sensible et une apparente légèreté tantôt comique, tantôt mélodramatique, et Touzani sait très bien naviguer dans les cercles des personnages de la communauté : les commérages, les vendeurs, les liens profanes avec sœur Josefa, la relation très compliquée avec sa fille et la renaissance de la sensualité, un moment très difficile à aborder pour les réalisateurs avec les personnes âgées.
Acteurs

Carmen Maura incarne Maria Angeles. Maura, aujourd’hui octogénaire, est une actrice espagnole de renom. Muse de Pedro Almodóvar, elle a partagé l’affiche avec lui dans sept films. Elle a remporté quatre Goya et sa carrière s’étend sur cinq décennies, avec des succès notamment en Espagne, en France et au Mexique. Elle a joué dans plus d’une centaine de films, pièces de théâtre et émissions de télévision.
Sa performance reste magistrale, tant en gros plan que dans les scènes de nudité. Elle captive, perdure et rayonne. On le doit aussi à Maryam Touzani, qui déclare : « C’est la première fois qu’elle apparaît entièrement nue devant une caméra. » « Elle a compris que je ne filmais pas ces corps nus pour les exhiber, mais qu’il y avait une véritable volonté de vérité. » « Cet aspect provocateur lui a permis d’aller jusqu’au bout, car Carmen est une femme de caractère. »
Ahmed Boulane incarne Abslam, l’antiquaire avec lequel Maria Angeles noue une relation. Réalisateur, producteur et acteur marocain, il est considéré comme l’enfant terrible du cinéma marocain. À soixante-dix ans, il a une longue carrière et a reçu de nombreuses récompenses. Sa présence à l’écran est marquante, oscillant entre rudesse et subtilité. Son expérience sur le plateau est manifeste, chaque transition étant d’une grande justesse.

Marta Etura interprète Clara, la fille de Maria Angeles. Forte d’une carrière remarquable et de plusieurs performances remarquées, Etura livre ici une prestation tout en retenue, ce qui lui permet de donner vie à son personnage avec brio.
Photographies
Il convient de souligner que dansRue Malaga, la metteuse en scène Virginie Surdej, qui mène une carrière remarquable depuis 2005, est une figure marquante. Tout au long de Tutta la fotografia e la mise en scène, le rouge prédomine, et Virginie Surdej le peint avec une grande finesse, comme si nous étions au cœur d’une corrida, car le rouge est en effet une couleur vibrante pour Maria Ángeles. Maryam Touzani explique : « Le rouge est un thème récurrent dans l’écriture depuis le début ; c’est une couleur violente, mais belle et forte. »
RUE MÁLAGA
LISTE Technique
Scénario : Maryam Touzani
En collaboration avec Nabil Ayouch
Producteur : Nabil Ayouch
Co-producteurs : Amine Benjelloun, Jean-Remi Ducourtioux, Fred Burle, Simón de Santiago, Sebastian Schelenz
Cheffe opératrice : Virginie Surdej
Cheffe monteuse : Teresa Font
Compositrice : Freya Arde
cr ph Les Films du Nouveau Monde
1ère assistante réalisatrice : Christele Angello
Scriptes : Leenda Mamosa et Yuri Beringola
Ingénieur du son : Nassim El Mounabbih
Chef costumes : Frédérick Denis
Cheffe maquilleuse : Romaya (Pato) Gonzalez
Cheffe décoratrice (Belgique) : Eve Martin
Chef décorateur (Maroc) : Samir Issoum
Chef électricien : Daniel Pauselius
Chef machiniste : Hassan Chrij
Directeur.ices de casting : Said M’Niouli, Eva Leira, Yolanda Serrano
Directrice de production : Fadila Taha
Régisseur général : Amine Lamkealel
Perchman : Reda Raissi
Directeur de post-production : Said Radi
Mixeur : Samuel Aichoun
Etalonnage : Laurent Navarri
