Pays de production : France – Espagne – Durée 124 min. – 2025
Avec: Gwen adulte : Mélanie Thierry – Gwen jeune : Aminthe Audiard – Jean-Luc : Samuel Kircher
SYNOPSIS: Fragilisée par le récent décès de sa mère, la jeune Gwen trouve réconfort auprès de ses camarades et de son amoureux Thomas. Mais l’arrivée de Jean-Luc, un étudiant au charme magnétique, la plonge dans la confusion des sentiments. Qui choisir ? Un jour, comme pour éclairer son choix, Gwen tombe, dans un cinéma, sur un film qui lui dévoile sa vie future…
(édité par Roberto Tirapelle)
Le réalisateur espagnol Jaime Rosales signe son premier long métrage en français, une histoire d’amour adolescente en Bretagne, où paysage et cinéma s’entremêlent. Une distribution captivante nous entraîne dans un voyage romantique, sublimé par le noir et blanc et la couleur.

Le dernier film de Jaime Rosales, Morlaix, sort sur les écrans français et, fidèle à son style, il y déploie une esthétique radicale. Réalisateur, scénariste et producteur de cinéma espagnol, Rosales a obtenu une bourse lui permettant de suivre des cours de cinéma à Cuba et à Sydney. Il a également fondé la société de production Fresdeval Films, avec laquelle il a développé la quasi-totalité de ses projets. Très attaché au Festival de Cannes, où il a présenté son premier film, Les Heures du jour, à la Quinzaine des Réalisateurs en 2003, il y est régulièrement invité pour ses films suivants. Son succès, ou plutôt sa volonté d’être un cinéaste singulier, transparaît dans certains de ses films : La solitude, récit d’une famille et de ses membres, Cannes 2007, Prix Goya ; La Belle Jeunesse, l’histoire de deux adolescents confrontés à la précarité, Cannes 2012 ; Petra, qui préfigure Morlaix, Cannes 2018.
Nous arrivons à Morlaix, aussi ville bretonne du Finistère, où se déroule son dernier film. Ce dernier, en apparence simple, aborde les thèmes du deuil, des amours adolescentes et du désir de dépaysement. Or, il se révèle être une œuvre très particulière, d’une grande complexité stylistique, caractéristique de sa poétique cinématographique. L’histoire se déroule entre Paris et Morlaix, un aller-retour, avec pour toile de fond les maisons, la mer, l’estuaire, le viaduc, autant de panoramas à la mise en scène cinématographique. Et puis, il y a le cinéma dans le cinéma : les protagonistes assistent par hasard à une projection intitulée Morlaix », où ils visionnent le film dans lequel ils jouent, puis débattent de sa signification et, surtout, de l’opportunité de rester ou de partir.

Mais le travail de Jaime Rosales à la réalisation ne s’arrête pas là. Morlaix se déroule autour de la ville et de deux lieux emblématiques du cinéma : le pont/viaduc et le cinéma. Le film débute dans un splendide noir et blanc, se poursuit en couleurs ternes au format 16 mm, puis revient au noir et blanc pour finir. Franchement, nous avons largement préféré la partie en noir et blanc – elle est magnifique – tandis que la partie en couleurs, plus problématique, passe inaperçue et est riche en dialogues. Pour nous, il faut bien le dire, la tâche n’était pas aisée.
Sachant qu’il s’agissait du premier tournage de Jaime Rosales en France, le réalisateur a déclaré : « Je faisais la promotion de mon film Petra en Bretagne, et par pur hasard, Morlaix fut la première ville où l’on m’envoya. J’ai tout de suite trouvé l’endroit très évocateur : une sorte de vallée très escarpée, avec la ville nichée entre deux versants montagneux. J’avais l’impression d’être simultanément en Amérique, près de Boston, en France bien sûr, et un peu en Islande. C’était une sensation très étrange, comme si différents univers cinématographiques se superposaient dans un même espace. J’ai immédiatement eu envie d’y tourner un film un jour. Le lieu a été fondamental pour mon inspiration : avant même les personnages ou l’histoire, il y avait ce paysage. »
Et même le choix des acteurs, que nous allons aborder maintenant, était d’une grande originalité. Les difficultés provenaient du scénario, qui, à première vue, cherchait à définir des personnalités très spécifiques. Au final, le résultat fut une réussite totale.
Actrices/Acteurs

Samuel Kircher incarne Jean-Luc. Ce très jeune acteur français (21 ans), fils d’artiste, a fait ses débuts au cinéma en 2023 à l’âge de 19 ans dans un film de Catherine Breillat ( L’Été dernier), présenté en compétition officielle au Festival de Cannes. Ce premier rôle lui a valu une nomination au César de la Révélation Masculine et au Prix Lumière de la Révélation Masculine. Dès ce film, Kircher a fait preuve d’une grande maturité. En 2025, il figure sur l’affiche de deux films présentés à la Quinzaine des Réalisateurs : L’Engloutie de Louise Hémon et La Danse des Renards de Valéry Carnoy. Dans Morlaix, il interprète un garçon tourmenté avec brio. On peut supposer que son physique rappelle celui de Tadzio, incarné par Luchino Visconti sous le nom de Björn Andrésen, décédé l’année précédente. Kircher, choisi après deux ans de recherches par Delphine Gleize, l’une des co-scénaristes du film, parvient souvent à nous donner des frissons.
Aminthe Audiard incarne la jeune Gwen. Là encore, le choix s’est avéré judicieux, grâce à Jérôme Dopffer, le producteur. La très jeune actrice a fait ses débuts professionnels à l’âge de 10 ans dans le road movie Paris-Willouby (2016), où elle tenait son premier rôle principal aux côtés d’Isabelle Carré, Alex Lutz et Stéphane De Groodt. Elle poursuit sa carrière sous la direction de cinéastes renommés, notamment dans Tran Anh Hung pour Éternité (2015), avant d’être remarquée par François Ozon, qui lui offre un rôle dans le premier plan de Peter von Kant, présenté en ouverture de la Berlinale 2022. Elle est également active à la télévision. Son talent pour Morlaix réside dans un mélange entre son regard profond, qui évoque les grands artistes du passé et qui n’a pas peur des plans larges ni des gros plans, et son jeu d’actrice à la fois rêveur et déterminé.

Mélanie Thierry incarne Gwen adulte. Mélanie Thierry jouit désormais d’une excellente renommée. Elle est également actuellement à l’affiche avec La Femme de David Roux, et cette année elle apparaît même dans trois autres films : La Vie d’une femme de chambre de Charline Bourgeois-Tacquet, Le Faux Soir de Michaël R. Roskam, Le Journal d’une femme de chambre de Radu Jude. Débuts comme mannequin avant de faire une tournée au cinéma. La tournée 1998 de La légende des pianistes de Giuseppe Tornatore sur l’océan. Ils sont joués dans Le Dernier pour le parcours de Philippe Godeau il vaut le César du Meilleur espoir féminin en 2010. Elle va poursuivre une carrière dans le cinéma français et les productions internationales, travaillant notamment avec Bertrand Tavernier, André Téchiné, Terry Gilliam et Albert Dupontel. En 2024, je joue Dans La Chambre de Mariana, il vaut une nouvelle nomination au César de la meilleure actrice. Dans Morlaix, elle ressemble étrangement à Audiard, mais d’après les déclarations interceptées, elle n’a pas été choisie pour ce rôle. Son interprétation s’intègre parfaitement à la continuité du récit.

Équipe TECHNIQUE
Ajoutons à ce que nous avons déjà évoqué concernant l’aspect technique expérimental du film. Grâce au talent du directeur de la photographie Javier Ruiz Gomez, le réalisateur a employé plusieurs techniques : une image en noir et blanc composée de plans fixes tournés en anamorphique, puis le même format mais en Steadicam avec de longs plans-séquences où la caméra suit les personnages. Il a ensuite utilisé une pellicule couleur 16 mm au format 1,33, qui constitue la moitié du film.
MORLAIX – Technique
Scénario : Jaime Rosales, Fanny Burdino,
Samuel Doux et Delphine Gleize
Producteurs : Jérôme Dopffer, Jaime Rosales
Producteurs associés : Michel Klein, Bárbara Diez
Productrice exécutive : Angels Masclans
Image : Javier Ruiz Gomez
Montage : Mariona Solé Altimira
Musique : Leonor Rosales March
Casting : Sonia Laruc, Delphine Gleize
Autres Acteurs
Alex Brendemühl : Alex – Balthazar Delville : Balthazar – Alexis Keruzoré : Thomas
(cr ph 2026 Condor Distribution)
