Genre : drame, historique – Durée : 104 minutes – Pays de production: France
Avec
Kad Merad : Babi Maklouf Benhamou
Marie Gillain : Lucie
Fantine Guyot : Lydia
Julia de Nunez : Yvette
Jean-Hugues Anglade : Albert Ohen
Bernard Le Coq : Jacques Jaujard
César Chouraqui : Jacques
Ben Attal: Elie
(édité par Roberto Tirapelle)
Le retour d’Élie Chouraqui à la réalisation, avec un récit historique teinté d’autobiographie, ne répond pas tout à fait à nos attentes. Ce thriller verse dans le mélodrame familial, dans un cadre sans relief. Le talent de Kad Merad ne parvient pas à sauver le film.

Onze ans après son dernier film, Élie Chouraqui, réalisateur, scénariste et producteur franco-israélien, revient avec Les Héros du Louvre, un film historique se déroulant en 1939, qui relate le sauvetage secret des œuvres du Louvre à la veille de l’invasion allemande. Chouraqui a également été un joueur de volley-ball de haut niveau, participant à la Coupe d’Europe et aux Championnats du monde.
Son premier film, Mon premier amour (1978), le propulse immédiatement sur le devant de la scène grâce à son succès retentissant. Sa filmographie est marquée par des thèmes récurrents tels que son héritage juif, l’égalité, les droits de l’homme, la liberté, l’amour et l’espoir. En 1987, Hollywood lui ouvre ses portes et il réalise Man on Fire, avec une distribution prestigieuse. En 2000, il s’aventure même dans la comédie musicale en prises de vues réelles avec Les Dix Commandements, avec la collaboration du compositeur Pascal Obispo. Ce film est un immense succès. Suivent un film sur le conflit yougoslave et un autre sur le Moyen-Orient. Artiste aux multiples facettes, il explore différents genres et thèmes.

Les Héros du Louvre est adapté d’une célèbre trilogie de bande dessinée franco-belge du même réalisateur, Élie Chouraqui, illustrée par Letizia Depedri et publiée par les Éditions Glénat. Ce roman graphique est inspiré d’une histoire vraie : l’incroyable aventure de Babi Maklouf, le grand-père de l’auteur Élie Chouraqui. La série se compose de trois volumes parus entre 2023 et 2024.
La publication de la série a été très bénéfique au réalisateur, comme il l’a lui-même déclaré : « Non seulement elle a enrichi mon scénario, mais elle m’a aussi permis d’expérimenter avec les dialogues et m’a servi de storyboard géant, grâce aux dessins de l’artiste italienne Letizia Depedri, qui m’ont permis de visualiser mon futur film.»
Avec ce film, Élie Chouraqui souhaitait non seulement relater cet événement historique, mais surtout raconter l’histoire d’une famille juive, immigrée d’Algérie, si profondément attachée à la France qu’elle était prête à mourir.

Il faut le souligner d’emblée : le film a essuyé de nombreuses critiques à sa sortie ; cependant, l’accueil du public a été plus favorable car l’histoire parvient à toucher et à impliquer davantage le spectateur. En réalité, du point de vue de la réalisation, ce n’est pas une réussite, ce qui est regrettable car, compte tenu du parcours de Chouraqui, on en attendait beaucoup plus. La réalisation est plutôt décousue, le montage est étrange, des longueurs apparaissent, accentuées par une cinématographie singulière, et le traitement des ombres et de la lumière laisse à désirer. Un décor potentiellement intéressant ne parvient pas à captiver.
De plus, les personnages sont mal définis et la présence de figurants est mal répartie par rapport à la fonction des différents décors.
Acteurs

Kad Merad incarne Babi Maklouf Benhamou. Il est le protagoniste incontesté du film, le gardien de nuit du Louvre qui sauve nombre de ses œuvres d’art. Acteur, humoriste, réalisateur et scénariste franco-algérien, Kad Merad est aujourd’hui reconnu par la critique française. À 62 ans, il déborde d’une vitalité communicative, une énergie qui le portera encore longtemps. Il est excellent dans le film, appliqué, imaginatif et généreux. S’il ne peut sauver le film à lui seul, il le soutient en grande partie.
Marie Gillain interprète Lucie, l’épouse de Babi Benhamou. Actrice belge, elle a débuté au cinéma en 1991 et a poursuivi sa carrière dans les séries, la télévision, le doublage, le théâtre et le livre-disque. Elle livre une prestation pleine de vie et de tendresse, mais le réalisateur la touche rarement.


Bernard Le Coq incarne Jacques Jaujard, le directeur du musée. Acteur français à la carrière remarquable depuis 1967, Le Coq présente une ressemblance frappante avec le véritable Jacques Jaujard. Il apporte au film son talent habituel, à la fois élégant et convaincant, et insuffle une véritable passion à ce personnage, figure emblématique de ses rôles respectifs. Nous invitons le lecteur à approfondir sa filmographie, qui mérite d’être découverte.
Jean-Hugues Anglade interprète Albert Ohen, le conservateur du château où doivent être cachées les œuvres d’art apportées par Babi. Anglade est également un acteur français de renom. Acteur polyvalent, il excelle aussi bien dans les rôles de méchant que d’espion.

Musique
La bande originale du film a été confiée à Abbott, un compositeur néerlandais installé en Allemagne. C’est le fils du réalisateur qui le présenta à son père, et après quelques écoutes, Chouraqui l’engagea. Force est de constater que la musique est captivante et transporte le spectateur dans un voyage émotionnel. Abbott n’avait jamais composé de musique de film auparavant. Sa composition s’accorde parfaitement au film et dessine, sur une base néoclassique, une vague tantôt mélancolique, tantôt d’une noirceur dramatique.
Les Héros du Louvre
Scénario : Élie Chouraqui, d’après la série de bande dessinée, Le Héros du Louvre, de ce dernier et Letizia Depedri
Musique : Abbott
Décors : Samantha Gordowski
Costumes : Maïra Ramedhan-Levi
Photographie : Samuel Esselinckx
Son : Philippe Deschamps
Montage : Lorenzo Fanfani
Production : Alexandra Fechner
Coproduction : Serge Borenstein et Tania Khouri
Sociétés de production : Fechner Productions, en coproduction avec Les Films de l’Altaï et le musée du Louvre
Société de distribution : Paradis Films
( cr. ph. © Alexandra Fechner Productions – Musée du Louvre – Ovlac – Paradis Films)