France, Japon, Allemagne, Belgique, 2026 – Durée : 3h16 –

Avec:  VIRGINIE EFIRA  (Marie-Lou Fontaine)  et  TAO OKAMOTO (Mari Morisaki)  
Festival de Cannes 2026 : Prix d’interprétation féminine (ex-æquo pour Virginie Efira et Tao Okamoto)

(édité par Roberto Tirapelle)

Ryūsuke Hamaguchi revient à Cannes avec un film qui explore l’écoute des personnages, leur intellectualisme subtil et les traitements appliqués aux maladies, le tout porté par une mise en scène à la fois virtuose et sobre. Le prix décerné aux deux actrices souligne leur capacité à exprimer l’empathie.

Ryūsuke Hamaguchi est un réalisateur et scénariste japonais reconnu pour ses dix longs métrages, ainsi que pour le succès et la reconnaissance qu’il a obtenus dans les festivals. Soudain marque d’ailleurs sa troisième participation à la compétition cannoise, après Asako 1 et 2 (Netemo Sametemo, 2018) et Drive My Car (2021).

Hamaguchi compte aujourd’hui parmi les réalisateurs japonais les plus importants de ces dernières années et se caractérise par un réalisme essentiel et une grande finesse dans l’expression des sentiments.

Cette année, elle revient avec Soudain, qui raconte les destins croisés de deux femmes. L’une est française (Marie-Lou Fontaine) et dirige une maison de retraite, l’autre est une cinéaste japonaise (Mari Morisaki) qui lutte contre le cancer. Soudain est une adaptation libre de “Quand la vie prend un tournant inattendu” (Kyū ni guai ga waruku naru), un essai coécrit par la philosophe japonaise Maoko Miyano et l’anthropologue Maho Isono. Le livre relate la correspondance touchante entre la philosophe, atteinte d’un cancer du sein, et l’anthropologue.

Hamaguchi, filmé en partie à Paris et en partie à Kyoto, narre le lien qui se tisse entre deux femmes. À ce sujet, voici la démarche de la réalisatrice : « Ce qui me fascinait, c’était précisément ce mouvement : la façon dont deux êtres humains se connectent. Je pensais que c’était le meilleur point de départ pour un film. Dès le début, j’ai senti qu’il me faudrait prendre du recul par rapport à la réalité, prendre certaines libertés, rester fidèle non pas aux faits, mais à l’esprit du livre. Il fallait transformer la réalité pour porter à l’écran ce qui me semblait être son essence : la rencontre. »

Et, de fait, tout cela découle d’une promenade sur les bords de Seine entre un directeur de maison de retraite, ancien anthropologue, et un metteur en scène, ancien étudiant en philosophie. Cette séquence ne débouche certes pas sur des situations ordinaires et banales ; elle instaure au contraire une certaine intellectualité, que le metteur en scène, cependant, atténue par son style, laissant place à l’émotion et, par là même, à un récit intimiste.

Bien sûr, le film dure plus de trois heures et tout n’est pas parfait, mais Hamaguchi excelle dans l’art de tisser des liens entre deux mondes – l’intime et le profane – et grâce à son talent à la fois simple et multiple, il atteint patiemment son but. De plus, Hamaguchi a dû surmonter les obstacles liés au tournage dans deux pays différents et avec des langues différentes.

En réalité, cette situation lui a permis de filmer en France tout en conservant le japonais. Il a été un point de référence tout au long du tournage, secondé également par ma coscénariste Léa Le Dimna, elle-même traductrice bilingue.

Actrices

VIRGINIE EFIRA interprète Marie-Lou Fontaine, la directrice de l’hospice. Actrice belge, Efira a une carrière de plus de vingt-cinq ans au cinéma et au théâtre. Outre ses nombreuses récompenses, elle est également doublement anoblie. Parlons donc de Soudain. Dans le rôle de Marie-Lou Fontaine, elle a su insuffler une grande fluidité à son personnage, tant au niveau de la voix que du corps et de la posture, ainsi qu’une profonde émotion. D’après ses propres déclarations, sa relation avec son partenaire Tao, et par conséquent son jeu d’actrice, s’est construite au fil du temps, car ils ne se connaissaient pas et leurs cultures et coutumes étaient différentes. C’est pourtant grâce à l’influence de Tao qu’elle a pu se concentrer pleinement. Efira a d’ailleurs dû apprendre le japonais.

Tao Okamoto incarne Mari Morisaki, la réalisatrice japonaise malade. Actrice et mannequin japonaise, elle a travaillé pour de nombreuses maisons de couture et mène déjà une brillante carrière d’actrice. Selon Soudain, elle a également dû apprendre le français, malgré ses déménagements à Paris en 2006 et à New York en 2009. Afin de mieux appréhender son rôle, elle a visité un centre d’oncologie à Tokyo, rencontré l’équipe médicale et participé à des simulations. Ce fut un nouveau défi pour sa carrière.

Les deux actrices ont été aidées dans leur compréhension respective par Léa Le Dimna, qui a joué un rôle fondamental dans la transmission des traductions mais aussi dans l’interprétation des pensées, et ce, pour l’ensemble de l’équipe.

Image

L’image a été confiée à Alan Guichaoua, qui a parfois filmé avec deux caméras et deux cadreurs différents, l’un pour la France et l’autre pour le Japon. De nombreuses séquences avaient un aspect documentaire.

Soudain

Scénario Ryūsuke HAMAGUCHI et Léa LE DIMNA
Librement inspiré de « Quand la vie prend un tournant inattendu »
Correspondances entre Makiko MIYANO et Maho ISONO – Éditions SHOBUNSHA
Produit par David GAUQUIÉ & Julien DERIS, Kosuke OSHIDA & Yuji SADAÏ
Producteurs pour Cinéfrance Studios Renan ARTUKMAÇ & Jean-Luc ORMIÈRES
Productrice pour Office Shirous Hiroko MATSUDA
Coproducteurs Bettina BROKEMPER, Joseph ROUSCHOP & Eva CURIA
Image Alan GUICHAOUA
Montage Azusa YAMAZAKI
Musique Samuel ANDREYEV
1ers assistants mise en scène Amandine ESCOFFIER, Naoki WATANABE (Japon)
Casting Coralie AMÉDÉO – ARDA
Direction de production Thomas BERTHON-FISCHMAN, Takahiro HOHNO (Japon)
Son Pierre MERTENS, Paul HEYMANS, Thomas GAUDER
Post-production Antoine LEPOIVRE
Décors Mila PRELI
Costumes Caroline SPIETH
Maquillage Amélie BOUILLY GARNIER – AMC
Coiffure Mathieu GUERACAGUE

Ventes Internationales CINEFRANCE INTERNATIONAL

Distribution Diaphana

(cr ph Diaphana)