Année de production : 2026 – Pays : France – Durée : 160 minutes – Date de sortie : 03.06.2026
Festival de Cannes – Hors Compétition
Avec : Simon ABKARIAN, Simon RUSSELL BEALE, Florian LESIEUR, Benoît MAGIMEL, Mathieu KASSOVITZ, Loïc CORBERY, Anamaria VARTOLOMEI, Niels SCHNEIDER, Félix KYSYL, Karim LEKLOU, Tom MISON, Kacey MOTTET KLEIN, Thierry LHERMITTE, Campbell SCOTT, Grégoire COLIN, Daniel BETTS, Pip TORRENS, Stephen CAMPBELL MOORE, Anthony CALF
(rédigé par Roberto Tirapelle)
SYNOPSIS: Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Antonin Baudry réalise un film à succès, divisé en deux parties, très aventureux, très politique, inédit, retraçant la figure de de Gaulle comme un personnage chevaleresque et intrépide. Le choix et la direction de tous les acteurs sont excellents.
Antonin Baudry, auteur et réalisateur français, est ingénieur formateur, diplomate spécialisé dans les questions culturelles et scénariste de courts métrages. Mais sa formation ne s’arrête pas là, elle n’en est que le point de départ : mathématiques et diplomatie. Il a étudié à l’École polytechnique puis à l’École normale supérieure. Tout semblait le prédestiner aux plus hautes sphères de l’État français. Plusieurs vies. Et le cinéma. Baudry déclare : « Je ne voulais pas me contenter d’obtenir mon diplôme et de faire des films.» Il est devenu diplomate, a travaillé dans des ambassades françaises, a collaboré avec Dominique de Villepin au Quai d’Orsay puis à Matignon. Il a ainsi observé les rouages du pouvoir.

L’expérience acquise au Quai d’Orsay a donné naissance à la bande dessinée française Quai d’Orsay, créée par Christophe Blain et Abel Lanzac (pseudonyme de l’ancien élève Antonin Baudry), dont Baudry signe également le scénario. Les deux albums sont parus en 2010 et 2011 chez Dargaud. En 2019, son premier long métrage, Le Chant du loup, sort en salles. Le film relate les aventures de Chanteraide, une des « oreilles d’or » de la Marine nationale française, spécialiste de la guerre acoustique. Ce fut un immense succès auprès du public et de la critique. Le film a reçu le César du meilleur film lors de la cérémonie des César 2020.
Commençons donc par La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer, présenté hors compétition au 79e Festival de Cannes, le premier long métrage du réalisateur. Il s’agit d’un diptyque, qui sera suivi d’un second film. La Bataille de Gaulle, car « c’est un combat d’hommes », et L’Âge de fer, car « il est dominé par l’injustice, la corruption, les mensonges et la trahison ».
Le réalisateur s’est toujours intéressé à la figure de De Gaulle : à 17 ans, il a lu Le Fil de l’épée, ainsi qu’une biographie de Jean Lacouture. Enfin, c’est la biographie de Julian Jackson, De Gaulle, une certaine idée de la France, qui rassemble de nombreux témoignages directs, qui a transformé son regard.
Parce que Baudry s’est concentré sur la période 1940-1945. Également basé sur ses déclarations : « Le besoin est très particulier, un peu allumé, de se retrouver dans le bureau de Churchill dès la fin de la capitulation de la France. À ce moment-là, Churchill est le deuxième dirigeant qui se bat à nouveau, contre toute l’Europe, et Gaulle expliquera que la France ne capitulera plus jamais, alors qu’elle vient juste de le faire ! »
D’après ce que nous savons, de Gaulle vivait entre une vision réaliste et une vision idéalisée de la France. Il accepta la réalité de la capitulation, mais poursuivit son rêve grâce à une forme de « persévérance, de folie, de génie tactique, un mélange de choses très complexes et humaines qui me fascinaient ». En somme, de Gaulle assumait pleinement ses choix, même les plus discutables, même ses erreurs, et c’est ainsi qu’il devint un génie.

À notre avis, « La Bataille de Gaulle, Première Partie » possède de nombreuses qualités. Baudry a trouvé un équilibre remarquable entre la non-sanction de de Gaulle et son rôle de héros. C’est un film d’aventure, de guerre et, surtout, de stratégie. Prenez par exemple la longue séquence de la bataille de Bir Hakeim, un chef-d’œuvre cinématographique à nos yeux, un film dans le film.
Beaucoup ont qualifié le film de blockbuster, mais je ne partage pas cet avis car le réalisateur n’a pas créé de super-héros ; il a créé une figure importante pour la France dans un contexte complexe, presque semblable à celui qui oppose aujourd’hui les États-Unis, l’Angleterre et la France.
De plus, le réalisateur a su maîtriser tous les personnages – si nombreux ! – pour les deux films, avec des caractérisations différentes et un habile entrelacement d’images d’archives et de séquences de fiction.
Acteurs

Simon Abkarian incarne De Gaulle. Acteur, dramaturge et metteur en scène français, Abkarian mène depuis le début des années 1980 une carrière remarquable au cinéma, à la télévision, dans le doublage, la mise en scène, le théâtre et bien d’autres domaines. Pour trouver l’acteur, le réalisateur a consulté sa coscénariste Bérénice Vila, et leur choix s’est rapidement porté sur Abkarian. La ressemblance frappante de l’acteur avec le personnage a influencé sa décision. Il a également su parfaitement s’approprier le rôle : posture et diction. Baudry ajoute : « La musicalité et la pensée de De Gaulle. Simon est un acteur très inspiré à cette époque, il apporte poésie et précision à son paroxysme.» Un raffinement également apporté par le réalisateur.
Simon Russell Beale incarne Churchill. Cet acteur britannique a également mené une brillante carrière au cinéma et à la télévision. Ses débuts au théâtre ont été riches et variés : musicien, acteur, écrivain, historien, musicologue et chanteur. Dans le film, il apporte une intensité remarquable à son jeu et un regard tout aussi pénétrant. Un choix judicieux.
Le film met également en scène de jeunes acteurs.

Florian Lesieur incarne Fernand, un lycéen. C’est lui qui a déclenché et participé à la manifestation du 11 novembre 1940, avec trois mille autres jeunes qui, malgré la police, ont atteint l’Arc de Triomphe. Acteur et rappeur français, Lesieur, 22 ans, possède déjà une brillante carrière, avec deux films, de nombreuses séries, la réalisation de deux courts métrages et une discographie solide. Dans le film, il campe parfaitement le personnage et constitue une véritable révélation.
Anamaria Vartolomei interprète Livia, une camarade de classe de Fernand. Nous avons déjà longuement évoqué la carrière de Vartolomei dans de précédents films. Actrice franco-roumaine confirmée, elle connaît actuellement un grand succès après des films comme Ma Petite Princesse, L’Événement et Le Comte de Monte-Cristo. Son visage est toujours intense, mais en même temps, elle est trop belle pour le rôle. Pourtant, dans le film, elle apporte une belle présence au milieu de tant de personnages masculins.
Les autres acteurs
Benoît MAGIMEL est KŒNIG, officier général, homme politique français, maréchal de France et Compagnon de la Libération. Grand acteur, parfaitement à sa place dans le rôle, maître du cinéma et de la guerre, homme d’une grande humanité, il a apporté énormément au film. Loïc CORBERY (de la Comédie-Française) est Pleven, homme d’État français, figure importante de la France libre sous le général de Gaulle. Il interprète d’ailleurs le rôle avec une grande dignité. Niels SCHNEIDER est le général Leclerc, l’un des principaux chefs militaires de la France libre, figure majeure de la Libération, notamment connu pour avoir commandé la 2e division blindée. Grand acteur, Schneider a su, dans ce film, se métamorphoser en un personnage aussi légendaire. Le réalisateur déclare : « Un peu en France. Niels a l’audace, la vivacité et la rapidité de Leclerc. » Karim LEKLOU joue Blasei, l’assistant du général de Gaulle. Acteur désormais très célèbre, il a su apporter une touche de douceur et d’humour à son jeu, compte tenu de la palette d’expressions de son visage. Il forme des duos inimitables avec de Gaulle. Félix Kysyl incarne Moulin, un Français très fonctionnel et résistant, décoré à de nombreuses reprises. Le plus jeune préfet de France. Il crée une armée aux personnalités très différentes et fortes. Un rôle difficile que Kysyl a abordé avec courage. Félix compte à son actif une douzaine de films et une carrière théâtrale tout aussi riche, et a remporté un César et un prix Lumière. Mathieu Kassovitz interprète François Darlan, amiral français et homme d’État. Ministre de la Marine du premier gouvernement du régime de Vichy, il était, en février 1941, à la tête du gouvernement vichyste qui s’est engagé dans une politique de collaboration avec les marines de Pétain et les nazis allemands. Kassovitz, aujourd’hui acteur, réalisateur, producteur et scénariste français de renom, l’incarne. Il avait déjà travaillé avec le réalisateur sur Le Chant du loup et, là encore, Baudry a fait mouche. Le metteur en scène déclare : « J’ai besoin d’une stature pour incarner Darlan. Mathieu a une image rebelle, mais aussi cette forme d’autorité qui s’impose. »



Musique
Le premier film, celui dont nous parlons, présentait la musique du compositeur allemand Volker Bertelmann. Oscar 2023 pour À l’Ouest, rien de nouveau.
LA BATAILLE DE GAULLE: L’ÂGE DE FER
Fiche Technique
Scénario : Antonin Baudry et Bérénice Vila, d’après De Gaulle : une certaine idée de la France (A Certain Idea of France: The Life of Charles de Gaulle) de Julian T. Jackson
Musique : Volker Bertelmann (1re partie), Théo Cascio (2e partie)
Décors : Benoît Barouh
Costumes : Laurence Chalou
Photographie : Giora Bejach et Pierre Cottereau
Son : Lucien Balibar et Nicolas Cantin
Montage : Katie Mcquerrey et Rehman Nizar Ali (1re partie), Rehman Nizar Ali (2e partie)
Production : Ardavan Safaee, Jérôme Seydoux et Axelle Boucaï
Sociétés de production : Pathé Films, en coproduction avec Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma et TF1 Films Production
Sociétés de distribution : Pathé (France) ; Immina Films (Québec), Pathé Films AG (Suisse romande), Pathé Touch Afrique (Algérie, Côte d’Ivoire et Tunisie), The Searchers (Belgique)
(cr ph 2026 Pathé Films – TF1 Films Production – Belvédère – Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma)
(cr ph Malgosia Abramowska)
(cr ph Guy Ferrandis)
