Pays de production: France – Genre Drame – Durée 100 minutes – 2026 – Hors compétition au Festival de Cannes 2026

Avec: Antoine Reinartz : Samuel Paty – Emmanuelle Bercot: Victoire Lanion, la principale – Mounira Barbouch : Malika, la principale adjointe – Marie-Sohna Condé : Firmine, la gardienne – Barbara Bolotner: Colette, la secrétaire – Emma Boumali : Bachira Saidi, une élève.

et avec AZIZE KABOUCHE: Tahar AMARA – NEDJIM BOUIZZOUL: Kader SAIDI

(édité par Roberto Tirapelle)

SYNOPSIS:Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.

Vincent Garenq a réalisé un film d’une remarquable justesse sur un fait divers toujours aussi troublant, révélant la prolifération de la désinformation, la diffamation sur les réseaux sociaux et le manque d’intervention des institutions. Les acteurs sont excellents dans leurs rôles respectifs. Le cinéma y contribue grandement.

Vincent Garenq, réalisateur, scénariste, dialoguiste et adaptateur français, signe son cinquième long métrage avec L’Abandon. Après treize années consacrées à la réalisation de documentaires pour la télévision, il se consacre à la réalisation, se spécialisant dans les affaires juridiques et politiques telles que l’affaire Clearstream, l’affaire Dieter Krombach et l’affaire Iacono. Il a remporté deux César de la meilleure adaptation. Parmi ses enquêtes les plus marquantes figurent:  Le Mensonge,  adaptation du livre éponyme de Christian Iacono, ancien maire de Vence (Alpes-Maritimes) accusé à tort de viol par son petit-fils Gabriel oppure Tout pour Agnès, qui relate la disparition d’Agnès Leroux, la jeune héritière du Palais de la Méditerranée, grand casino de la promenade des Anglais à Nice, une affaire qui a défrayé la chronique dans les années 1970.


Aujourd’hui, il propose  les onze derniers jours de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, assassiné à l’arme blanche puis décapité à la sortie du collège de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020 par un djihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.

Vincent Garenq reconstitue le meurtre de l’enseignant pour mettre en lumière les éventuelles défaillances institutionnelles et, surtout, le coût de l’hystérie des réseaux sociaux.

Le professeur décide de montrer à ses étudiants les caricatures de Charlie Hebdo, suggérant à ceux qui ne souhaitent pas les voir de quitter la salle.

Dès lors, le professeur se retrouve confronté à de fortes tensions au sein de la classe, fréquentée également par des étudiants musulmans. L’un d’eux, Bashira, projette de manipuler la réalité et de mentir sur ces événements pour déclencher une série d’incidents aux conséquences dramatiques. Son père décide alors de diffuser l’affaire sur les réseaux sociaux, vidéos et interviews à l’appui, et c’est le chaos. Même l’administration de l’établissement est impuissante face à la situation. La police et les services antiterroristes sont alertés. Le professeur est abandonné par une grande partie de ses collègues.


Vincent Garenq livre un récit sans rhétorique, s’abstenant de tout jugement et laissant le spectateur libre de se faire sa propre opinion.

Le film met en lumière plusieurs aspects clés : les réseaux sociaux, un ministère de l’Éducation nationale étonnamment tiède, la division des affaires internes de la police nationale française qui a mis au jour de graves dysfonctionnements, un lycée assiégé et les élèves.

Nous vous transmettons une déclaration importante du réalisateur: “Lors des essais, j’ai pris le soin d’écrire une lettre aux enfants et aux parents pour leur expliquer mes intentions sur le film. Tous ont été rassurés et se sont pleinement engagés dans le projet. Je n’ai jamais eu aucun désistement. Au contraire, ils étaient tous heureux d’en être et de rendre ainsi hommage à Samuel Paty. C’est ce qui m’a fait découvrir la raison profonde pour laquelle j’avais envie de le réaliser. Partager des moments avec tous ces acteurs, de tous horizons, faire un film de réconciliation et montrer cette France du milieu devenue moins audible et pourtant si largement majoritaire, cette France mélangée, tolérante et républicaine. Tout le contraire de ce que les extrémistes essaient de nous raconter.”

Chaque année, dans cette école, on observe une minute de silence.

Acteurs

Antoine Reinartz incarne Samuel Paty, le professeur. Cet acteur français possède une formation atypique : il a étudié au Conservatoire de Nancy, puis à l’EDHEC Business School à Nice, New York et Nagoya, où il s’est spécialisé en management solidaire. Il a également suivi une formation d’art dramatique au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Sa carrière au cinéma et au théâtre connaît un succès considérable depuis 2014. Il a d’ailleurs remporté un César en 2018. Il est parfaitement adapté au rôle ; son expression est douce et il est toujours profondément investi dans son personnage. Pour se préparer, Reinartz a lu des livres, des articles et étudié des comptes rendus de procès. Puis, avec un ami enseignant, il est entré dans l’établissement scolaire afin de mieux comprendre le langage des élèves et la relation professeur-élève.

Emmanuelle Bercot incarne Victoire Lanion, la directrice de l’Institut. Actrice, metteuse en scène et scénariste française, elle a une immense carrière au théâtre comme au cinéma. Dans L’abandon, elle est d’une grande authenticité, à la fois autoritaire et profondément humaine. Les deux acteurs principaux forment un duo remarquable. Il est important de comprendre que la directrice devait résoudre de nombreux problèmes au sein de l’établissement, et pas seulement suivre l’histoire du professeur Paty. Car à ce moment-là, personne n’aurait pu imaginer la tragédie qui allait se produire. Ces développements ont donc été magnifiquement interprétés par la grande actrice.

Emma Boumali incarne Bachira Saidi, l’étudiante qui attire l’attention des médias. Elle a déjà joué dans deux films avant L’abandon, et il est clair qu’elle est habituée aux plateaux de tournage. Au cours de plusieurs entretiens, nous avons recueilli les déclarations suivantes : “J’ai tout de suite perçu l’impact du message que le film allait porter ; à quel point nos mots et nos actions ont du poids, que, derrière chaque acte, chaque information dits ou postés sur les réseaux, il y a des vies réelles, des familles…J’ai voulu faire partie de l’aventure.”

Et il y a deux autres acteurs/personnages à mentionner car ils ont joué un rôle central dans cette histoire tragique.

(à gauche Nedjim Bouizzoul, à droite AZIZE KABOUCHE)

Nedjim Bouizzoul incarne Kader Saidi, le père de Bachira. Un rôle particulièrement difficile, mais l’acteur le savait. Il a grandi à Bilda, en Algérie, pendant les années noires. Il a vécu le terrorisme et a quitté l’Algérie avec sa famille, qui aspirait à la laïcité. L’histoire de Vincent l’a immédiatement profondément marqué. Bouizzoul n’est pas très familier avec le tournage – il s’agit de son deuxième film après Barbès, Petite Algérie de Hassan Guerrar – mais il s’est parfaitement approprié le rôle. Bouizzoul est avant tout musicien, auteur-compositeur-interprète et chef d’orchestre. Dans le film, il est colérique, en colère et déterminé à protéger sa fille. Ce n’est pas un mauvais personnage, et il parvient à combiner toutes ces facettes avec justesse.

AZIZE KABOUCHE incarne Tahar AMARA, l’islamiste. Kabouche est un acteur issu du théâtre et un artiste de théâtre à la carrière exceptionnelle. Quitté du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, il y reçoit jusqu’en 1986 l’enseignement de Michel Bouquet, Jean-Luc Boutté, Richard Fontana… et Daniel Mesguich (directeur de 2007 à 2013), avec lequel gardera des lignes fortes, et qui il proposera à davantage de personnes de participer à ses créations théâtrales, comme Hamlet en 1986, Marie Tudor en 1991, Le Diable et le Bon Dieu en 2001-2002… Personne ne prédisait alors son implication cinématographique ultérieure et ne prononçait l’origine de ses deux cultures, celle kabyle (sa mère était algérienne, d’origine kabyle) et celle française, dénonçant les souffrances absurdes endurées par les “peuples du Maghreb” comme on s’en souvenait à la fin d‘Au petit bonheur, le premier film en 1992. Il était nécessaire de poser ce postulat pour faire le lien avec son interprétation, dans laquelle émergent détermination, dénonciation, incrimination, mais aussi beaucoup d’angoisse.

L’Abandon

Scénario : Vincent Garenq et Alexis Kebbas, en collaboration avec Mickaëlle Paty, d’après le livre Les Derniers Jours de Samuel Paty de Stéphane Simon
Musique : Nicolas Errèra
Décors : Isabelle Quillard
Costumes : Marie-Laure Lasson
Photographie : Renaud Chassaing
Montage : Aurique Delannoy
Repérage des décors : Alexandra Maugrion
Production : François Kraus, Denis Pineau-Valencienne et Stéphane Simon
Coproduction : Cloé Garbay et Bastien Sirodot
Sociétés de production : Les Films du kiosque et Outside Films, en coproduction avec France 3, UGC et UMedia
Société de distribution : UGC

(cr ph Les Films du kiosque, Outside Films, France 3, UGC et UMedia – Guy Ferrandis)