Genre : Drame – Durée : 1h50 – Pays: Italie – France

AVEC: Tecla Insolia : Cecilia – Michele Riondino : Antonio Vivaldi – Fabrizia Sacchi : Priora – Andrea Pennacchi : le gouverneur – Valentina Bellè : Elisabetta Parolin – Stefano Accorsi : Sanfermo – Miko Jarry : Frédéric IV du Danemark – Hildegard De Stefano : Laura

(rédigé par Roberto Tirapelle)

SYNOPSIS: Au début du XVIIIe siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.

Michieletto, metteur en scène d’opéra renommé, signe son premier long métrage, qui mêle Venise, Vivaldi, musique, baroque, émancipation féminine et énergie créatrice. Les deux protagonistes sont fortes et captivantes.

Damiano Michieletto signe son premier film. Figure majeure de l’opéra contemporain, il est aujourd’hui reconnu comme l’un des metteurs en scène les plus visionnaires et audacieux de sa génération, tant en Italie qu’à l’international. Son œuvre, à la croisée de la tradition et de la modernité, a brillé sur les scènes les plus prestigieuses du monde : de La Scala de Milan au Royal Opera House de Londres, de La Fenice de Venise au Staatsoper de Berlin, en passant par l’Opéra de Paris. Ses productions, saluées pour leur intensité dramatique et leur inventivité visuelle, lui ont valu de nombreuses récompenses prestigieuses.

Le réalisateur, qui depuis plus de vingt ans s’intéresse à la force narrative et émotionnelle du langage musical, ressentait le besoin de poursuivre son exploration des liens entre musique et image dans cette perspective pour son premier film. Et dans Vivaldi et moi, la théâtralité est omniprésente, notamment dans la mise en scène des décors, des costumes et dans la réalisation.

Le film s’inspire librement du roman Stabat Mater (2008) de Tiziano Scarpa, lauréat du prix Strega 2009. L’histoire se déroule dans la Venise du début du XVIIIe siècle. On comprend immédiatement que le sujet était en parfaite adéquation avec les thèmes de prédilection du réalisateur : Venise, sa ville d’adoption, avec ses mystères et son atmosphère brumeuse et humide ; le pouvoir régénérateur de la musique ; l’audace subversive de la lutte pour la liberté au XVIIIe siècle. C’est dans ce contexte que naît l’histoire de Cecilia (Tecla Insolia), une jeune violoniste talentueuse en quête d’identité, et celle d’un certain Antonio Vivaldi (Michele Riondino), compositeur et violoniste, l’un des plus grands représentants de la période baroque, dont la renommée est restée longtemps posthume. Finalement, il était prêtre, même s’il ne savait pas célébrer la messe et qu’on l’appelait d’ailleurs Don Antonio.


Le film se déroule au « Pio Ospedale della Pietà », son nom historique, un couvent, orphelinat et conservatoire situé sur la Riva degli Schiavoni. Antonio Vivaldi et Francesco Gasparini y ont notamment enseigné. Cet établissement, fondé en 1346, possède une histoire fascinante pour Venise et était remarquablement bien organisé.

Cecilia a toujours vécu dans la Pietà et ignore tout de ses origines, pas même de sa mère, qu’elle continue de rechercher en lui écrivant des lettres secrètes. Toutes les filles rêvent d’un avenir, elle plus que toute autre. Elles s’intéressent avec curiosité au monde extérieur, qu’elles n’entrevoient qu’à travers les concerts, lorsqu’elles viennent écouter la musique de l’aristocratie vénitienne. Un monde qu’elles peuvent entrevoir par les barreaux de l’église et la galerie où se produisent les artistes.

Avec l’arrivée de Don Antonio, malgré son état de santé très précaire, tout semble se transformer en une énergie nouvelle et Cecilia sera elle aussi saisie d’un irrésistible sentiment de libération.

Ce décor, si cher à Michieletto, suscite sans doute une approche très délicate, un décor intense et une mise en scène à la hauteur de sa réputation, sans fioritures. On aurait toutefois attendu une émotion plus physique, plus viscérale. Le matériau vénitien est chuchoté, la direction des acteurs est limpide. La musique et ses images s’enchaînent avec une grande fluidité, comme Michieletto sait si bien le faire.

Acteurs

Tecla Insolia interprète Cecilia. Jeune chanteuse, compositrice et actrice italienne, elle a été saluée par la critique pour ses performances dans le film Familia et la mini-série L’Art de la Joie, remportant le David di Donatello de la meilleure actrice et le David di Donatello de la révélation italienne. Mais la musique fut l’une de ses premières vocations : dès l’âge de cinq ans, elle commença sa formation musicale à l’Académie de Woodstock. Elle participa à divers événements musicaux et remporta le prix Sanremo Young en 2019. Elle a sorti six singles et joué dans cinq films, et a reçu deux David di Donatello et un Nastro d’Argento.

Dans Vivaldi e moi (titre italien : « Primavera »), elle livre une prestation très aboutie, maîtrisant parfaitement les gros plans. Il s’agit de son premier grand rôle aux côtés de Michieletto. Son jeu, plein d’énergie mais toujours maîtrisé, est sublimé par un sourire radieux, presque plus américain qu’italien.

Michele Riondino est Vivaldi. Tout est désormais connu de Riondino, acteur et metteur en scène, de sa renommée à sa carrière. Il est également l’auteur de « Voler la vie des autres » (Rome, Fandango Books) et de « Sans maîtres. Tarente, l’Ilva et la scène » (Turin, EGA). Ces deux ouvrages sont essentiels pour comprendre son parcours d’acteur. Sa carrière au cinéma et à la télévision est prolifique. Son expérience avec Michieletto a sans aucun doute affiné son talent d’acteur et lui a insufflé une énergie nouvelle lors de sa rencontre avec Cecilia. La solitude des deux personnages a indéniablement trouvé un écho musical chez les deux acteurs, qui ne se sont jamais touchés. Il ne restait plus que le besoin d’épanouissement artistique (Don Antonio) et un désir féminin d’air frais (Cecilia).

(à gauche Andrea Pennacchi)

Andrea Pennacchi. Le célèbre acteur padouan est une figure marquante de ce film. Dramaturge et metteur en scène, Pennacchi incarne le gouverneur. Il dégage une telle énergie et un tel enthousiasme que son immersion dans la Pietà vénitienne paraît d’un réalisme saisissant. Par ailleurs, il a débuté sa carrière au cinéma avec Carlo Mazzacurati et est actuellement nommé pour un David di Donatello du meilleur second rôle masculin pour « Città di Pianura » du Vénitien Francesco Sossai.

Équipe technique

Les costumes d’époque de Maria Rita Barbera et Gala Calderone s’accordent parfaitement au décor, avec une touche d’exubérance. La partition originale de Fabio Massimo Capogrosso présente également une splendide tonalité baroque.

Vivaldi et moi

Scénario LUDOVICA RAMPOLDI

Musique originale composée et orchestrée par Fabio Massimo Capogrosso
Interprétée par l’Orchestre et le Chœur du TEATRO LA FENICE
Direction Carlo Boccadoro
Violon solo David Romano
Flûte traversière Angelo Mordente
Violon Leonardo Spinedi
Enregistrements réalisés au Teatro La Fenice de Venise
Musique diégétique interprétée par I Solisti Aquilani
Violon solo Daniele Orlando
Enregistrements réalisés à l’Auditorium du Conservatoire Alfredo Casella

Direction de la photographie DARIA D’ANTONIO CCS – AFC
Montage WALTER FASANO AMC
Costumes MARIA RITA BARBERA, GAIA CALDERONE
Prise de son GIANLUCA SCARLATA
Design sonore DAVIDE FAVARGIOTTI
Maquillage VINCENZO MASTRANTONIO
Coiffure MARTA IACOPONI

Producteurs NICOLA GIULIANO, FRANCESCA CIMA,
CARLOTTA CALORI, VIOLA PRESTIERI
Une production WARNER BROS. ENTERTAINMENT ITALIA ET INDIGO FILM
Une coproduction italo-française avec MOANA FILMS
Avec la participation de DIAPHANA DISTRIBUTION
Distribution en France DIAPHANA DISTRIBUTION
Ventes internationales PARADISE CITY SALES

(cr ph Diaphana Distribution)