Festival di Cannes 2026 – Grand Prix
Année de production : 2026 – Pays : France, Lettonie, Allemagne – Durée : 140 minutes – Date de sortie : 14.10.2026
Avec: IRIS LEBEDEVA, Galina – DMITRI MAZOUROV, Gleb.
(édité par Roberto Tirapelle)
Neuf ans plus tard, Andrey Zvyagintsev est de retour à Cannes pour présenter son dernier film, « Minotaur », une œuvre qui relate l’histoire d’une famille bourgeoise sur fond de conflit russo-ukrainien. Un récit froid et incisif, mis en valeur par un casting particulièrement bien choisi.

Andrey Zvyagintsev, cinéaste maintes fois primé, est un habitué du Festival de Cannes, ayant déjà été mis à l’honneur sur la Croisette à plusieurs reprises. En 2007, il présente Le Bannissement en compétition, film pour lequel il remporte le prix d’interprétation masculine ; en 2011, il revient dans la sélection « Un certain regard » avec Elena, qui obtient le Prix spécial du jury ; puis, en 2014, il est de nouveau en compétition avec Leviathan, récompensé par le prix du scénario — un film qui décrochera par ailleurs deux autres distinctions. Il fait son retour à Cannes en 2017 avec Faute d’amour, qui reçoit le Prix du jury. Par ailleurs, dès 2003, il s’était distingué à la Mostra de Venise avec son premier long métrage, Le Retour, remportant d’emblée le Lion d’or.
Le film suit deux axes narratifs : le premier se déroule en 2022, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine ; le second se concentre sur la famille russe bourgeoise composée de Gleb, de son épouse Galina et de leur fils. Le déclenchement de « l’opération spéciale » ne constitue pas un simple arrière-plan ; il semble, au contraire, avoir été le point de départ même de la conception du film. Cela s’explique notamment par la position de l’auteur, opposé au conflit, ce qui l’a conduit à s’exiler — d’abord en Allemagne pour soigner une maladie très grave, puis en France, où il a réalisé ce film, choisissant ainsi de ne pas retourner dans son pays natal. Les conséquences du début des hostilités affectent l’entreprise dirigée par le protagoniste, Gleb : le conflit la bouleverse, de nombreux employés étant mobilisés par le gouvernement pour partir au front. La ville elle-même est touchée, ses habitants se retrouvant confrontés à un choix : émigrer ou partir à la guerre.

Le second axe concerne, quant à lui, l’adaptation libre que le réalisateur a opérée à partir de La Femme infidèle de Claude Chabrol, en transposant l’intrigue au sein de la famille de Gleb, où ce dernier découvre que sa femme le trompe. C’est là que s’allume la mèche qui fait exploser la colère de l’homme, avec des conséquences que ceux qui connaissent l’histoire pourront aisément imaginer.
Zviaguintsev excelle assurément à maintenir l’équilibre entre les deux axes — le politique et le familial — ; sa mise en scène, d’une grande tension, demeure d’une intensité constante jusqu’à la toute fin.
Le scénario
Le scénario a été écrit par Zviaguintsev et Simon Liachenko. Toutefois, comme l’a précisé le cinéaste lui-même : « les dialogues et les descriptions des scènes sont de Liachenko, mais les développements narratifs et les intrigues secondaires étaient convenus au préalable ». C’était la première fois que le réalisateur collaborait avec Liachenko ; pour ses autres films, il avait travaillé en co-écriture avec Oleg Neguine, mais ce dernier était resté en Russie.
Le tournage
Le film n’a évidemment pas été tourné en Russie, mais en Lettonie — plus précisément à Riga —, car l’architecture soviétique des quartiers résidentiels de Riga est en tout point identique à celle des périphéries des villes russes.
Les photographies
Dans le film, les photographies jouent un rôle important. Tout d’abord, le personnage de l’amant est photographe. Par ailleurs, dans le film de Chabrol également, la séquence initiale montre la mère du protagoniste et sa belle-fille assises dans le jardin, en train de regarder des photographies et de les commenter. Les clichés qui apparaissent à l’écran soulignent l’existence d’un passé commun entre les personnages. Dans Minotaure, on peut apercevoir, dans le salon familial, des photographies du couple lorsqu’ils étaient jeunes (il s’agit de véritables photographies de Dmitri Mazourov et d’Iris Lebedeva).
Acteurs

IRIS LEBEDEVA incarne Galina. Actrice internationale de cinéma et de théâtre, Lebedeva exerce en Europe et au Moyen-Orient. Elle a suivi une formation à Moscou dans la classe de mise en scène de Sergueï Soloviov, où elle a développé un intérêt particulier pour la technique de jeu et la psychologie des personnages. Son parcours s’étend au cinéma, à la télévision et au théâtre. Au cinéma, elle a parcouru un beau chemin, débutant en 2010 avec Lubov-morkov 3. Elle ne vit pas non plus en Russie. Dans Minotaure, elle aborde un rôle riche en nuances psychologiques et physiques, alliant détachement et implication.
DMITRI MAZOUROV incarne Gleb. Acteur russe de théâtre et de cinéma, Mazourov est le seul interprète du film à vivre et à travailler encore en Russie. Il est conscient des risques auxquels il s’expose, tout particulièrement depuis sa participation à *Minotaur*. Diplômé de l’École d’art dramatique de Novossibirsk, il a poursuivi ses études à Moscou, où il a obtenu son diplôme de la prestigieuse Université d’État du cinéma (VGIK) — tout comme, par ailleurs, Iris Lebedeva. Il possède une vaste expérience, riche de plus de 170 rôles au cinéma, au théâtre et à la télévision, s’illustrant notamment dans des séries policières et dramatiques telles que SashaTanya, Shifr et Karpov. Au théâtre, il a interprété des classiques, incarnant par exemple Vronski dans Anna Karénine. Dans Minotaur, il semble jouer comme s’il était mu par des fils invisibles, guidé par le magicien ZVIAGUINTSEV.

Photographie
Il convient tout particulièrement de mentionner le directeur de la photographie Mikhaïl Kritchman, chef opérateur de tous les films de Zviaguintsev depuis 2002. Il a récemment été récompensé pour Vermiglio de Maura Delpero (David di Donatello de la meilleure photographie, 2025). Dans Minotaur, sa photographie reflète une atmosphère sombre qui, tantôt, se refroidit davantage dans le contexte politique, et tantôt se réchauffe dans le cadre du récit policier.

MINOTAUR
Autres interprètes:
Serioja – BORIS KOUDRINE ■ Anton – YURIY ZAVALNYOUK
Natacha – VARVARA CHMYKOVA■ Le Maire – VLADIMIR FRIEDMAN■ Tatiana – ELENA BOGDANOVITCH-GOLOUBEVA
Scénario : Simon Liachenko et Andreï Zviaguintsev, d’après le scénario La Femme infidèle de Claude Chabrol
Musique : Evgueni Galperine et Sacha Galperine
Décors : Andreï Ponkratov et Macha Slavina
Costumes : Ulyana Polyanskaya
Photographie : Mikhaïl Kritchman
Son : Andrey Dergachev
Production : Charles Gillibert, Nathanaël Karmitz, Marco Perego et Vindhya Sagar
Coproduction : Yusuf Aslanyurek, Max Pavlov, Olivier Père, Svetlana Punte et Yulia Zayceva
Sociétés de production : CG Cinéma et MK Productions, en coproduction avec Forma Pro Films et Razor Film Produktion, ainsi qu’Arte France Cinéma et ZDF
Société de distribution : Les Films du losange (France)
(cr ph CG Cinéma – MK Productions)
(VERSION ORIGINALE) La Femme infidèle un film franco-italien réalisé par Claude Chabrol (1969).

Assistant réalisateur : Jacques Fansten et Philippe Venault (stagiaire)
Scénario et dialogues : Claude Chabrol et Sauro Scavolini[1]
Décors : Guy Littaye
Costumes : Maurice Albray
Photographie : Jean Rabier
Cadreur : Claude Zidi
Son : Guy Chichignoud
Musique : Pierre Jansen, Franco Bixio ; chanson de Dominique Zardi, La Tabatière ; orchestre dirigé par André Girard
Monteur : Jacques Gaillard
Production : André Génovès et Felice Testa Gay
“J’avais dit à André Génovès que je ferais mes premiers bons films à partir de quarante ans, et le succès des Biches ou de La Femme infidèle m’a donné deux ans d’avance sur mes pronostics”. (Claude Chabrol).
“Sur le tournage de La Femme infidèle, il [Michel Bouquet] disait que je jouais à travers lui. Que je me protégeais des drames de la vie en les mettant dans mes films, comme pour les exorciser. Là, déjà, on est plus proche de mon cinéma et de ma démarche .”(Claude Chabrol)